"Sexplosion": corps armés chez Virginie Despentes

Daniel Maira

Resumen


Apocalypse Bébé de Virginie Despentes (2010) raconte l’histoire d’une quête : Lucie est une détective privée – paumée et assez maladroite – qui a été chargée de chercher une adolescente disparue, Valentine Galtan. La jeune fille sera trouvée et ramenée à Paris, mais seulement deux jours après son retour dans la capitale, elle se fait exploser. Il s’agit d’un véritable attentat kamikaze. Pour comprendre ce final bouleversant, les considérations queer et postporno de Beatriz Preciado (Testo Junkie ; sexe, drogues et biopolitique, 2008) sur la technosexualité seront mobilisées, car elles permettent de comprendre l’univers romanesque de Virginie Despentes, qui se caractérise par des anti-héroïnes défiant l’être-en-société à travers un usage dissident du corps. L’objectif de cette lecture croisée est de comprendre le lien entre la réappropriation technosexuelle du corps de Valentine et sa fureur vindicative, et de réfléchir, par ailleurs, à l’usage armé du corps. Le point de départ consiste alors à considérer la corporalité de Valentine comme une arme qui est mise au service tant d’une vengeance sociale que d’une revendication personnelle. Valentine se transforme en sex bomb en s’enfilant une bombe dans son utérus et en se faisant exploser : ce geste est radical, mais il relève d’un engagement politique puisqu’il devrait permettre de poser les fondements pour une société renouvelée. Le roman s’inscrit dans une esthétique féministe pornoterroriste.


 


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